Le canna-tourisme au Québec. Une responsabilité.

  Le titulaire de la Chaire de tourisme Transat, Paul Arseneault, anticipe un « buzz », mais seulement le 1er juillet prochain, alors que les médias internationaux rapporteront à coup sûr la frénésie du « Cannabis Day ». « Mais ça finira là », lâche-t-il dans un entretien avec Le Devoir (23 septembre 2017).

 

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis le fondateur de la première entreprise de canna-tourisme au Québec : Montréal 420 Tours Inc

Étant à la tête de la seule organisation à évoluer dans le secteur depuis plus d’un an, j’ose humblement m’autoproclamer la référence au Québec en tourisme lié au cannabis. C’est pourquoi, je me permets de répondre à ces propos qui semble être la base de la réflexion québécoise sur le canna-tourisme en ce moment. Mon objectif ici, est simplement d’entamer une discussion.

 Depuis l’annonce de la légalisation, plusieurs journalistes m’ont interpellé afin d’enquêter sur les opportunités et les limites du canna-tourisme au Québec. À travers ces échanges, j’ai constaté à ma grande surprise que j’étais la seule personne à être en mesure de fournir de l’information. J’ai aussi appris que la stratégie de plusieurs des associations touristiques majeures de la province sera basée sur les propos de monsieur Arsenault. C’est-à-dire, il n’y aura malheureusement aucun effort dirigé vers le développement du canna-tourisme au Québec.

 

 

N’ayant réussi à n’obtenir aucune étude de marché québécoise, j’alimenterai la discussion en partageant certaines des expériences vécues lors du démarrage de mon entreprise. L’objectif est d’aider à la création d’une base conceptuelle et terminologique commune sur laquelle s’appuyer afin de mettre en place une RÉELLE stratégie.

 

Ceci est donc le premier d’une série d’articles informatifs sur le sujet.

 

 

Je doute qu’il soit possible de déterminer de manière réaliste la progression d’un marché qui est encore inexistant au Québec. Toutefois, une chose est certaine, la législation stricte du cannabis bientôt en vigueur dans la province se transformera inévitablement par des expériences négatives et des commentaires virulents sur Trip Advisor.

 

Plusieurs hôtels ont affiché des signes interdisant la plante dans leur établissement en prévision de la légalisation. Nous sommes donc forcés de constater que de causes à effets, plusieurs touristes se retrouveront dans une situation embarrassante, malgré eux.

 

J’ai personnellement rencontré quelques propriétaires hôteliers du secteur Quartier Latin à Montréal. Plusieurs d’entre eux considèreront encore le cannabis comme illégal dans leur établissement, même après le 17 octobre 2018. On peut même s’attendre dans certains cas extrêmes, à des expulsions en raison de visiteurs ayant consommé un joint LÉGAL avant d’entrer dans leurs lieux d'hébergement.

 

Comment le Québec et ses municipalités comptent-ils orienter ces canna-touristes afin qu’ils expérimentent réellement ce que nous leur avons promis : un accueil chaleureux, une ambiance festive, une ville où l’on se sent accepté ?

 

La question fondamentale n’est donc pas de savoir si le canna-tourisme représente ou non un marché à développer, mais plutôt de comprendre comment orienter les voyageurs voulant consommer légalement. Étant situé dans le premier pays du G7 à légaliser le cannabis, le Québec a le devoir de démontrer une bonne attitude face à la curiosité de ses visiteurs internationaux, sans quoi c’est la réputation de la destination qui sera affectée. Ce n’est donc pas un choix, mais une responsabilité.

 

 

Article complet du Journal Le Devoir https://www.ledevoir.com/societe/508739/marijuana-tourisme-et-marijuana-un-mauvais-melange